mardi 9 septembre 2014

Happiness will find me when I stop hiding

Mes écailles tombent une par une, je laisse derriere moi une trainée d'arcs en ciels et ma carapace s'allège, mes doigts caressent le ciel et mes lèvres laissent sortir un cri que je n'ai pas entendu depuis trop longtemps, un rire je m'esclaffe devant mes rangées de malheurs qui sont de plus en plus délaissées. Les herbes folles poussent, le désordre s'installe mais le soleil me touche enfin.

J'ai des fleurs et des couleurs qui tapissent mon cerveau, je vois tout différemment, il était bien temps.


My Superman



dimanche 7 septembre 2014

Bleu.

J’ai une petite mélancolie ce soir. J’ai regardé un film qui m’a rendue vide, qui m’a rappelé ces années de gouffre et ça m’a fait peur. Je me dis que je ne serai jamais guérie, que le noir et les cendres peuvent revenir malgré le baume des médicaments, je le ressens encore. Le bonheur n’est jamais éternel et c’est ça qui me fige. Mes pieds sont cloués au sol, mes bras liés comme tu l’aimes, je ne vois rien je ne sens que ta peau contre la mienne et une immense frayeur qui me prend au ventre. C’est la vraie vie, ce n’est plus le jeu de celui qui fera le plus plaisir, de miser sur tous ces petits moments où le temps s’arrête, c’est fini. Ce sont les choses sérieuses et je n’ai plus de matelas pour m’attraper, plus de filet, c’est l’amour de la peur, la peur de l’amour. J’ai peur que tes bras ne soient pas suffisamment forts et je commence déjà à lâcher prise, j’ai peur que tu ne soit plus là quand viendra le temps de me relever, et je sais que tu as les mêmes angoisses.

Tu crains que je parte du jour au lendemain pour plus beau, plus jeune, plus riche, plus d’avenir, plus de promesses. On te prévient que c’est ce qui arrive avec des filles comme ça, qu’elles ne veulent que s’amuser et jouer et faire mal et partir et ne laisser qu’un trou béant et de détruire une vie, par égoïsme.

C’est vrai que sur papier, tu as tout ce qu’il te faut. Sur papier, tu souris et tu ne te plains pas. Sur papier tu devrais être heureux.

Théoriquement moi aussi vois-tu.

Et pourtant.

Tu étais là, tu as toujours été là depuis l’instant où tu m’as vue et que tu as su que tu m’aimais. Tu refuses mes mercis et mes pardons, tu ne prends que mes baisers comme monnaie d’échange. Mais je doute.  Et toi aussi. Nous nous répétons des milliards de fois que nous nous aimons, pour nous rassurer que ça en vaut la peine, pour entretenir notre nuage rose bonbon couvert de paillettes, pour refouler la réalité, pour garder les yeux fermés et ne sentir rien d’autre que nos parfums mélangés.

Je n’ai pas peur de la réalité. Je la connais trop bien pour vouloir me cacher indéfiniment, elle rattrape et toujours plus fort. Je suis forte, je ne sais pas toujours ce que je veux mais les instants purs que tu m’as offerts sont assez.


Je serai là si tu y es aussi. Mais j'ai peur que non. 

mercredi 7 mai 2014

Ma toile.

Il m'a contacté. Juste quand mon esprit ne se sentait plus obligé de repasser son image en boucle, juste quand son image ne me hantait plus à travers mes paupières fermées. Deux ans et demi après qu'il n'ait rien dit et que j'ai tout de même compris. Il a retrouvé une de mes toiles. Ma préférée. Il me doit un café.

samedi 29 mars 2014

Les poils

J'ai un tic. Mes doigts passent machinalement dans les pointes de mes cheveux pour y trouver la mèche le plus douce et ne se lassent jamais de la faire glisser être l'index et le majeur. C'est réconfortant, ce sont mes cheveux, ils ne partiront pas, je reconnaît mes mèches préférées et je cherche celles qui sont négligées pour ne pas qu'elles se sentent mal. Je peux rester dans la salle de bain pendant des heures, hypnotisée par tous ces cheveux, leur texture, leur couleur, leur longueur, j'en arrache quelques-uns pour les examiner d'encore plus près. Ça me calme. Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Mes parents me tapaient sur les doigts quand je le faisait étant petite. Je leur jouais un épisode du plus grand drame chaque fois qu'ils essayaient d'approcher des ciseaux près de ma tête. Je les ai toujours eu long. Pour pouvoir passer mes doigts dedans et ignorer le monde extérieur.

Je suis d'ailleurs fascinée par tous les poils de mon corps. Un jour de grande angoisse, je peux me faire les jambes au complet à l'aide d'une simple pince à épiler tout en scrutant chacun des poils que j'extrais de ma peau.

C'est un peu ma méditation, une distraction facile et longue.






lundi 17 février 2014

1 an.

Je me revois lire les lignes écrites à pareille date l'année dernière. J'avais oublié l'existence de cet endroit. Il m'était complètement sorti de l'esprit qu'un endroit de frivoles pures était encore disponible.

Quelques mots que je n'arrive plus à sortir. Je suis bien à l'opposé d'où je me trouvait il y a un an. Mon appartement est un taudis, je n'ai pas fait de vrai ménage depuis des lustres et mon chat miaule devant sa litière quand je passe devant pour que je la change. Je n'ai ni l'énergie ni le courage pour prendre soin de moi. C'est toujours plus facile de se laisser tomber dans les abysses alors que je sais que trop peu de monde serait là pour essayer de me retenir. Ce que j'écris ne fait aucun sens, mais personne ne lit et mes main dansent sur ce clavier qu'elles n'ont pas caressé depuis trop longtemps.  Les mots dansent mais rien ne me vient en tête.

Je ne sais pas par où commencer en fait. Mon père a le cancer et j'ai entendu des mots de la bouche de ma mère que je ne souhaite à personne d'entendre, je crains pour la santé mentale de ma soeur et pour la sécurité de mon frère, je suis en plein déménagement d'urgence et la dernière fois que j'ai été aussi dépressive, je me suis retrouvée à l'hôpital, les bras en sang et des anti-psychotiques dans le corps. Je les ai toujours quelque part d'ailleurs. Deux amies sont au courant... je doute qu'elles ne saisissent la gravité de mon état actuel. Elle ne savent pas qu'il faut que je me retienne pour me faire vomir tous les jours, elle ne savent pas que je cherche la poutre la plus solide pour me pendre dans chaque nouvel appartement que je visite, elles ne savent pas que de m'occuper l'esprit avec le travail est probablement le seul fil me reliant encore avec le monde réel.

Ça semble drastique à lire. Je ne pourrait pas dire que c'est une complète vérité. Mes pensées sont en fait bien pires. Bref.

lundi 11 février 2013

Entre rêve et réalité.



Nothing.


Zéro

Manque

Néant

Plat

Rien

Désert

Insignifiant

Blanc

Creux

Aride

Trou

Absence

Vide.

vendredi 8 février 2013

Le facteur n'est pas passé.


C'est la routine, de se lever, de sortir la poubelle, de vérifier le courrier, d'aller faire des courses, quelques pommes, des céréales avec du lait de riz parce que je ne digère pas les produits laitiers, des gâteaux dans les bons jours et du chocolat dans les mauvais. Le lundi j'ai école, le mardi je travaille, le mercredi je vais voir le psy.

Et donc ma créativité se plait dans une brume analgésique, réconfortante. Elle se plait à ne danser toujours que le même pas en variations infinies.   

Foggy fog fog