Je me revois lire les lignes écrites à pareille date l'année dernière. J'avais oublié l'existence de cet endroit. Il m'était complètement sorti de l'esprit qu'un endroit de frivoles pures était encore disponible.
Quelques mots que je n'arrive plus à sortir. Je suis bien à l'opposé d'où je me trouvait il y a un an. Mon appartement est un taudis, je n'ai pas fait de vrai ménage depuis des lustres et mon chat miaule devant sa litière quand je passe devant pour que je la change. Je n'ai ni l'énergie ni le courage pour prendre soin de moi. C'est toujours plus facile de se laisser tomber dans les abysses alors que je sais que trop peu de monde serait là pour essayer de me retenir. Ce que j'écris ne fait aucun sens, mais personne ne lit et mes main dansent sur ce clavier qu'elles n'ont pas caressé depuis trop longtemps. Les mots dansent mais rien ne me vient en tête.
Je ne sais pas par où commencer en fait. Mon père a le cancer et j'ai entendu des mots de la bouche de ma mère que je ne souhaite à personne d'entendre, je crains pour la santé mentale de ma soeur et pour la sécurité de mon frère, je suis en plein déménagement d'urgence et la dernière fois que j'ai été aussi dépressive, je me suis retrouvée à l'hôpital, les bras en sang et des anti-psychotiques dans le corps. Je les ai toujours quelque part d'ailleurs. Deux amies sont au courant... je doute qu'elles ne saisissent la gravité de mon état actuel. Elle ne savent pas qu'il faut que je me retienne pour me faire vomir tous les jours, elle ne savent pas que je cherche la poutre la plus solide pour me pendre dans chaque nouvel appartement que je visite, elles ne savent pas que de m'occuper l'esprit avec le travail est probablement le seul fil me reliant encore avec le monde réel.
Ça semble drastique à lire. Je ne pourrait pas dire que c'est une complète vérité. Mes pensées sont en fait bien pires. Bref.
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