J'ai un tic. Mes doigts passent machinalement dans les pointes de mes cheveux pour y trouver la mèche le plus douce et ne se lassent jamais de la faire glisser être l'index et le majeur. C'est réconfortant, ce sont mes cheveux, ils ne partiront pas, je reconnaît mes mèches préférées et je cherche celles qui sont négligées pour ne pas qu'elles se sentent mal. Je peux rester dans la salle de bain pendant des heures, hypnotisée par tous ces cheveux, leur texture, leur couleur, leur longueur, j'en arrache quelques-uns pour les examiner d'encore plus près. Ça me calme. Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Mes parents me tapaient sur les doigts quand je le faisait étant petite. Je leur jouais un épisode du plus grand drame chaque fois qu'ils essayaient d'approcher des ciseaux près de ma tête. Je les ai toujours eu long. Pour pouvoir passer mes doigts dedans et ignorer le monde extérieur.
Je suis d'ailleurs fascinée par tous les poils de mon corps. Un jour de grande angoisse, je peux me faire les jambes au complet à l'aide d'une simple pince à épiler tout en scrutant chacun des poils que j'extrais de ma peau.
C'est un peu ma méditation, une distraction facile et longue.


