J'ai un tic. Mes doigts passent machinalement dans les pointes de mes cheveux pour y trouver la mèche le plus douce et ne se lassent jamais de la faire glisser être l'index et le majeur. C'est réconfortant, ce sont mes cheveux, ils ne partiront pas, je reconnaît mes mèches préférées et je cherche celles qui sont négligées pour ne pas qu'elles se sentent mal. Je peux rester dans la salle de bain pendant des heures, hypnotisée par tous ces cheveux, leur texture, leur couleur, leur longueur, j'en arrache quelques-uns pour les examiner d'encore plus près. Ça me calme. Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Mes parents me tapaient sur les doigts quand je le faisait étant petite. Je leur jouais un épisode du plus grand drame chaque fois qu'ils essayaient d'approcher des ciseaux près de ma tête. Je les ai toujours eu long. Pour pouvoir passer mes doigts dedans et ignorer le monde extérieur.
Je suis d'ailleurs fascinée par tous les poils de mon corps. Un jour de grande angoisse, je peux me faire les jambes au complet à l'aide d'une simple pince à épiler tout en scrutant chacun des poils que j'extrais de ma peau.
C'est un peu ma méditation, une distraction facile et longue.
samedi 29 mars 2014
lundi 17 février 2014
1 an.
Je me revois lire les lignes écrites à pareille date l'année dernière. J'avais oublié l'existence de cet endroit. Il m'était complètement sorti de l'esprit qu'un endroit de frivoles pures était encore disponible.
Quelques mots que je n'arrive plus à sortir. Je suis bien à l'opposé d'où je me trouvait il y a un an. Mon appartement est un taudis, je n'ai pas fait de vrai ménage depuis des lustres et mon chat miaule devant sa litière quand je passe devant pour que je la change. Je n'ai ni l'énergie ni le courage pour prendre soin de moi. C'est toujours plus facile de se laisser tomber dans les abysses alors que je sais que trop peu de monde serait là pour essayer de me retenir. Ce que j'écris ne fait aucun sens, mais personne ne lit et mes main dansent sur ce clavier qu'elles n'ont pas caressé depuis trop longtemps. Les mots dansent mais rien ne me vient en tête.
Je ne sais pas par où commencer en fait. Mon père a le cancer et j'ai entendu des mots de la bouche de ma mère que je ne souhaite à personne d'entendre, je crains pour la santé mentale de ma soeur et pour la sécurité de mon frère, je suis en plein déménagement d'urgence et la dernière fois que j'ai été aussi dépressive, je me suis retrouvée à l'hôpital, les bras en sang et des anti-psychotiques dans le corps. Je les ai toujours quelque part d'ailleurs. Deux amies sont au courant... je doute qu'elles ne saisissent la gravité de mon état actuel. Elle ne savent pas qu'il faut que je me retienne pour me faire vomir tous les jours, elle ne savent pas que je cherche la poutre la plus solide pour me pendre dans chaque nouvel appartement que je visite, elles ne savent pas que de m'occuper l'esprit avec le travail est probablement le seul fil me reliant encore avec le monde réel.
Ça semble drastique à lire. Je ne pourrait pas dire que c'est une complète vérité. Mes pensées sont en fait bien pires. Bref.
Quelques mots que je n'arrive plus à sortir. Je suis bien à l'opposé d'où je me trouvait il y a un an. Mon appartement est un taudis, je n'ai pas fait de vrai ménage depuis des lustres et mon chat miaule devant sa litière quand je passe devant pour que je la change. Je n'ai ni l'énergie ni le courage pour prendre soin de moi. C'est toujours plus facile de se laisser tomber dans les abysses alors que je sais que trop peu de monde serait là pour essayer de me retenir. Ce que j'écris ne fait aucun sens, mais personne ne lit et mes main dansent sur ce clavier qu'elles n'ont pas caressé depuis trop longtemps. Les mots dansent mais rien ne me vient en tête.
Je ne sais pas par où commencer en fait. Mon père a le cancer et j'ai entendu des mots de la bouche de ma mère que je ne souhaite à personne d'entendre, je crains pour la santé mentale de ma soeur et pour la sécurité de mon frère, je suis en plein déménagement d'urgence et la dernière fois que j'ai été aussi dépressive, je me suis retrouvée à l'hôpital, les bras en sang et des anti-psychotiques dans le corps. Je les ai toujours quelque part d'ailleurs. Deux amies sont au courant... je doute qu'elles ne saisissent la gravité de mon état actuel. Elle ne savent pas qu'il faut que je me retienne pour me faire vomir tous les jours, elle ne savent pas que je cherche la poutre la plus solide pour me pendre dans chaque nouvel appartement que je visite, elles ne savent pas que de m'occuper l'esprit avec le travail est probablement le seul fil me reliant encore avec le monde réel.
Ça semble drastique à lire. Je ne pourrait pas dire que c'est une complète vérité. Mes pensées sont en fait bien pires. Bref.
lundi 11 février 2013
vendredi 8 février 2013
Le facteur n'est pas passé.
C'est la routine, de se lever, de
sortir la poubelle, de vérifier le courrier, d'aller faire des
courses, quelques pommes, des céréales avec du lait de riz parce
que je ne digère pas les produits laitiers, des gâteaux dans les
bons jours et du chocolat dans les mauvais. Le lundi j'ai école, le
mardi je travaille, le mercredi je vais voir le psy.
Et donc ma créativité se plait dans
une brume analgésique, réconfortante. Elle se plait à ne danser
toujours que le même pas en variations infinies.
dimanche 3 février 2013
Night in, night out.
Lundi 4 février - 03:15 - Il faut en théorie que mes yeux soient ouverts, mes cheveux lavés, mes bras et mes fonctions psychomotrices en état de fonctionner dans moins de 3 heures. Mais si j'ai le malheur de m'enfoncer dans mon lit alors qu'un détail me tracasse encore, consciemment ou pas je me prépare pour une nuit sans fin. Sauf que quand le frigo est propre, qu'on pourrait manger sur le sol de la salle de bain et que mes applications iPhone sont triées par ordre de couleur, il ne reste plus grand chose à portée de main. Tout est fermé, tout le monde dort sauf moi. Moi je suis illuminée, soudaine pleine d'énergie et de me motivation si seulement la banque et le supermarché étaient ouverts et si le métro fonctionnait et si j'avais quelqu'un à appeler pour aller prendre un café et si et si mais non en fait. Même le chat dort. Il comprend qu'il y a un temps pour chasser les pointeurs laser et un autre pour roupiller, pas mon cerveau.
vendredi 1 février 2013
Je ne crois pas les femmes qui se taisent.
Je fais la sourde et muette, l'éclopée pour avoir de l'attention. Je soupçonne ce jeu très répandu. Toutes les fausses victimes complices se reconnaissant immédiatement dans leur désespoir artificiel, elles se regardent les yeux tombant et vides, la mine grise et se saluent sans émotion apparente autre qu'un coin de bouche crispé réservé aux vraies miséreuses, celles que l'ont ose plus toucher.
Je suis de celles qui croient que souffrir signifie vivre. Mes cicatrices gardent en elles des histoires merveilleusement longues, des fils conducteurs le long de mes cuisses, elles commencent, passent et s'en vont en laissant derrière elles un sillon assourdissant où il ne suffit que de placer un diamant pour qu'elle puise parler.
Je suis de celles qui jouent le jeu. Je joue l'écorchée de peur d'en devenir une.
Can't you feel the beat?
"It's like forgetting the words to your favourite song, you can't beleive it, you were always singing along. It was so easy and the words so sweet, you can't remember you try to feel that beat."
Je n'essaye même plus de me raisonner, rien ne transperce mon crâne têtu. Ce cerveau passe ses journées à répéter que ces jambes sont trop grosses, que ce ventre n'est digne que de la dernière pizza avalée et que de toute façon, la motivation est en congé maladie et ne peut être remplacée que par Monsieur Misère.
Le pied droit et le pied gauche sont trop aveuglés par leur fierté pour se rendre compte que personne ne gagnera la course permanent qui leur est infligée. Et ces doigts massacrés ne saluent plus l'estomac au passage. Tout est blasé mais rien ne semble vouloir être le premier à abandonner. Par vanité, par ignorance, par naïveté, par espoir.
Il y a quelque chose de cruel dans la fatalité que je m'impose. C'est mon choix de souffrir, de faire aller mes membres dans une valse exécutée par coeur, sans passion mais empreinte d'une certaine vanité, comme s'il fallait que quelques pas maladroits ne soient ma seule destinée, comme si une prouesse quotidienne devait être la seule valable pour tout être se disant vivant.
Et c'est ainsi que l'on se retrouve dans le fond, là où l'obscurité enveloppe et berce, là où les souvenirs défilent, complètement dépersonnalisés, ne sachant plus si le film se doit d'être identifiable ou si ces images appartiennent réellement à ce corps qui en porte pourtant les cicatrices.
J'essaye pourtant de me convaincre que quelqu'un va bien finir pas me chercher, me trouver, me remettre sur pied, alors j'attends. Et la valse continue. Et ça tourne. Et ça suit le rythme. Et ça n'arrêtera que brusquement, quand l'automatisme de cette danse macabre me transportera au dessus d'un précipice. Et encore, je trouverai le moyen de me convaincre que la chute fait partie de la mélodie.
Il y a un chat qui m'a sauvé la vie. Et aussi pathétique que ça puise sembler, c'est ce chat qui, en me regardant droit dans les yeux, réussit à ramener une infime raison dans mon processus complexe d'autodestruction. C'est sa chaleur qui me rappelle qu'il y a plus, de l'inconnu certes, mais il y a de l'espoir.
Au final, j'ai peur. Et j'ai peur d'avoir peur.
Au final, j'ai beau essayer, toute la bonne volonté en main, mes pieds finissent systématiquement par retomber dans ce cercle vicieux, écrasant tout ce que j'ai de plus précieux.
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